ITW de Stéphane Brunerie

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Innovation et créativité

En marge de la Design Fiction proposée et animée par OKONI (groupe BVA) le 21 mars dernier, j’ai posé quelques questions à Stéphane Brunerie, directeur marketing de l’entreprise ST-MICHEL, venu témoigner des changements dans leurs pratiques.

Stéphane Brunerie, directeur marketing St-Michel

Qu’est-ce qui t’a amené à participer à cette Design Fiction « À table ! Cuisinons la société de 2060 » chez OKONI ? À quoi t’attendais-tu ?

J’ai été contacté par OKONI pour la vision que j’ai du développement du food, de l’alimentaire de façon globale. Je travaille dans l’entreprise St-Michel en tant que Directeur Marketing avec une approche de pionnier sur le sourcing des ingrédients, les filières, le bien-être animal etc. Et je partage avec un blog que j’ai créé (Strip Food, ndlr) pour traiter justement des questions qui concernent l’alimentation de façon globale. C’est cette vision élargie et dynamique qui fait que je suis là.

À quoi je m’attendais : à une bouffée d’air frais, une espèce de renversement des tables pour repartir de zéro, faire fi de nos réflexes, de nos contraintes et de se dire : comment il faudrait raisonner plus simplement pour relever ses nouveaux challenges.

Qu’est ce qui t’a marqué au cours de cette matinée ?

Je pense qu’on est partis de la tension qui s’opère aujourd’hui sur l’alimentation, et on a reconstruit des modèles, des expériences, qui pourraient répondre directement à cet enjeu d’une alimentation plus saine, plus simple, plus proche, plus rassurante etc.

Et on voit bien les lignes qu’il faut tracer, entre le monde d’aujourd’hui – dont il faut repenser le modèle – et puis ce modèle qui n’est pas encore né, mais dont on voit bien les fils qu’on peut tous tracer à notre niveau de consommateur et aussi en tant qu’acteur industriel.

Tu t’es revendiqué optimiste, ça se traduit comment dans l’alimentaire aujourd’hui ?

Je pense que je suis optimiste parce que la situation n’a jamais été plus complexe et tendue, et en même temps je pense que face à ça, pour s’en sortir, il faut revenir à des raisonnements simples, ce qu’on appelle le bon sens ou une vision d’une alimentation à la française, dans une notion d’équilibre.
Et ça je pense que ça fait écho à mes origines – mes parents sont agriculteurs, mes grands-parents étaient boulangers-pâtissiers –, donc ça me rassure parce que c’est quelque chose qui me parle.

Et je suis optimiste parce que je pense qu’on peut arriver à revenir à ça – ce n’est pas en retour en arrière, c’est un retour à des valeurs de toujours ou à des raisonnements plus simples, si on commence soi-même en local à chercher des solutions.

Cette idée d’agir en local, peux-tu nous en dire plus ?

Plutôt qu’à rechercher une solution parfaite, globale ou théorique, je pense qu’il faut effectivement fonctionner par « petits pas ». Il faut essayer de reprendre de l’emprise sur le monde et le système qui nous entoure, en changeant soi-même les choses.
C’est changer la façon dont on choisit nos aliments, nos circuits de distribution, refaire parfois un peu la cuisine même si ce n’est pas tout le temps, c’est reprendre des repas à table tous ensemble pour partager le même repas plutôt que prendre chacun un repas individuel dans son coin…

C’est aussi reprendre conscience que l’alimentation c’est notre économie, c’est notre environnement.
Je pense qu’on doit commencer par agir en local, en se reconnectant les uns les autres, et c’est comme ça qu’on arrivera à changer.

NOTRE REGARD

Ce point de vue souligne l’urgence pour les IAA à se remettre en question pour répondre aux nombreux défis de l’alimentation de demain. Mêler vision globale des enjeux, et vision précise et détaillée des problématiques propres à son entreprise. Clarifier les objectifs et bien orienter les recherches d’idées. Je propose cet accompagnement, fondé sur la facilitation d’ateliers participatifs mobilisant l’intelligence collective.

Quelques ressources pour poursuivre la réflexion : Vers un nouveau dialogue avec le consommateur, interview d’Elisabeth Laville d’Utopies, en marge du Success Fooday de Valorial le 4 décembre 2018 dernier ; L’intelligence alimentaire pour un super consommateur plus responsable, article de Xavier Terlet de ProtéinesXTC ; Pour nourrir demain, événement proposé par Happyfeed le 21 novembre prochain – au cours duquel Stéphane Brunerie interviendra.