Du jus de citron bio dans votre Cola ?

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La tendance du manger mieux signifie-t-elle la fin de la junk food ?

Manger plus sain, plus local, plus bio, plus durable…

De nombreuses études relèvent les aspirations des Français pour le « manger mieux ». Fin 2017, l’Obsoco nous disait que 82% des Français avaient le sentiment d’être plus attentifs à leur alimentation que trois ans auparavant, et que 70,2% des Français recherchaient des produits plus sains. Sans parler de leur demande de produits clean-label et sans huile de palme.

Pour autant en 2018, les trois innovations qui ont le plus séduit les foyers Français selon Kantar WorldPanel sont :
• Le liégeois au yaourt sur lit de fruits LA LAITIÈRE
(pénétration 9,8%, taux de réachat 33%).
• FUZE TEA (pénétration 9,6%, taux de réachat 44%).
• Et les glaces KINDER (pénétration 9%, taux de réachat 30%).

Des produits pas particulièrement sains, locaux ni bios.

Et voilà que FERRERO annonce le lancement de NUTELLA BISCUITS pour le mois de mai 2019, après 1 an de marché test dans 8 magasins français. On se demande s’il connaîtra le même succès que B-READY, déclarée meilleure innovation food et boisson sans alcool des dix dernières années par Nielsen.

Que penser de ces apparentes contradictions entre aspirations, déclarations, et réalité des achats des consommateurs ?

Plusieurs facteurs sont susceptibles de les expliquer :

Le décalage entre un sentiment médiatique et une disparité des profils de mangeurs : difficile d’être ‘contre’ l’idée de privilégier des produits locaux, bio, respectueux de l’environnement… La valorisation médiatique des initiatives des industriels dans ces directions, donne le sentiment que les comportements ont massivement changé. Or les habitudes alimentaires évoluent lentement : on peut avoir sincèrement envie de manger sainement, et au quotidien renoncer difficilement à certains produits ou à certains plats très gras ou très sucrés consommés jusqu’ici régulièrement. D’autant que la question du prix reste sensible pour une large part de la population.

L’insight du besoin impulsif de gourmandise et de réconfort, reste très fort et très présent quand on observe et que l’on écoute les consommateurs. Et c’est comme si seul un produit très gras, très sucré et très salé, pouvait satisfaire pleinement une envie soudaine de se faire plaisir et de se réconforter par l’alimentaire. À moins que l’on y lise un comportement d’enfant rebelle, qui prend un plaisir pas si coupable que ça, à consommer à l’opposé des recommandations du PNNS. À quand le manifeste « Non au diktat du manger sain, oui à la junk food ! » ?

Le consommateur est multiple.

Par exemple, l’acheteur occasionnel de produits bios n’a pas les mêmes motivations qu’un consommateur engagé et militant. Pour lui, aucune contradiction à mélanger du pur jus de citron bio dans son cola non-bio !

La junk food séduit toujours, c’est indéniable. Quoiqu’il en soit, les industriels de l’agroalimentaire doivent rester à l’écoute des aspirations des Français : produits valorisant l’origine locale des ingrédients, des engagements et des actions concrètes en faveur de l’environnement, ou proposant des recettes nutritionnellement intéressantes pour les consommateurs : leur succès est indéniable lui aussi.

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